Le maître nous a quitté.

Publié le par Djiko

Juste quelques lignes pour rendre hommage à un grand monsieur de la musique africaine qui s’est éteint, victime d’un long cancer, le 07/03/06 : ALI FARKA TOURE.

 

 

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici un petit résumé de sa vie :

 

Né en 1939, dans le village de Kanau, près du fleuve Niger au Mali.

Sa famille, de religion musulmane, s’installera à Niafunké, à 200 km au sud de Tombouctou, ville dans laquelle il restera  attaché jusqu’à la fin de sa vie et dont il a dédiera d’ailleurs de nombreux albums.

Son surnom de Farka vient du fait qu'il est le 10ème enfant de ses parents et surtout le premier à avoir vécu au-delà de l'enfance (!!!), Farka signifiant "âne", symbôle de la force et de la résistance physique.

 

 

 

Sa famille est issue d’une caste noble dans laquelle jouer de la musique n’est pas forcément bien vu… Pourtant, dès l’âge de 10 ans, Ali pratique déjà le gurkel, petite guitare traditionnelle, le njarka, violon populaire, la flûte peul ou encore le ngoni à 4 cordes (il jouera la guitare, empruntée la plupart du temps à ses amis griots, à partir de 17 ans et  achètera  son premier modèle à 29 ans lors d‘un festival de musique en Bulgarie !!!).

 

 

 

Jouant régulièrement lors des mariages, des cérémonies de baptême et de circoncision , sa renommée va grandissante à tel point qu’il se retrouve dans les années 60 directeur musical de la troupe 117, qui est l’équivalent d’un orchestre régional , avant de rejoindre au début 70 le groupe officiel de radio Mali. Mais c’est en 1976 que paraîtra son premier album nommé simplement « Farka » qui précède de nombreux autres qui lui permettront de tourner dans le monde entier (il jouera notamment au stade de Wembley à Londres en 1987 devant plus de 18 000 personnes !!!).

Signé sur le label « World circuit », sa carrière internationale lui permettra de se produire aux côtés de nombreux autres artistes non-moins reconnus (entres autres John Lee Hooker, duo  mémorable, Ry cooder, Taj mahal, Toumani Diabaté, …) et d’écrire à quatre mains avec son célèbre ami Amadou Hampaté Bâ. La reconnaissance est au rendez-vous ainsi que les récompenses (2 grammy awards dont un pour son dernier album « In The Heart Of The Moon » en duo avec Toumani Diabaté , enregistré avec un studio mobile dans un hôtel de Bamako en seulement 3 séances de deux heures, ça fait rêver !!!).

 

 

 

J’ai fait court car il ne faut pas oublier que le musicien était également un agriculteur reconnu, il a beaucoup fait pour le développement agricole de sa région, et un producteur de talent (qui a permis entres autres à des artistes comme Rokia Traoré ou bien Lobi Traoré de s’exprimer), mais je conseille à tous de s’intéresser d’un peu plus près à son héritage musical…

 

Pour finir, je me souviens en écrivant ces quelques lignes de ma première  « rencontre » musicale avec Ali : j’étais dans le sud, à l’ombre d’une roulotte, à fumer un peu d’herbe avec une copine et elle m’a fait écouter une cassette de lui. J’ai fermé les yeux et alors j’ai vu …. Mopti, Tombouctou, Djenné, Niafunké, le fleuve Niger, le sahel, les djinns, le spirituel et le temporel… Une voix dure, un son sans fioritures… Ce qu’on appelle le blues malien… Du roots, du pur roots (on peut entendre sur certains enregistrements, en tendant bien l‘oreille, des poules au fond d’une cour ou bien un chien qui aboie…)..

 

C’est cela, à mon avis, le vrai message de sa musique : l’humilité et la modestie. Pas d’artifices … Une musique qui nous apprends à être nous-mêmes , simple , généreuse , et qui nous lave de nos  « péchés d’occidentaux » (la luxure, l’individualisme,…). Une musique qui me fait (qui nous fait ?) du bien…

 

 

 

Et rien que pour ça, je te remercie Ali…

 

 

 

Repose en paix…

Publié dans Divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pat 09/04/2007 13:10

Ali on t'aiiiiiiiiiiiiiime........

dribob 04/09/2006 19:18

c'est beu et tres touchant...merci pour cette hommage...ali farka jouait avec son ame et ressentait sa musique comme lui dictait son coeur...il n'y a pas de mots pour definir la grandeur de son talent...je ne connais pas beucoup de personne qu il le connaisse...mais pour le peu qu il l ecoute qu il fume du cana ou pas...s'envole dans un paysage somptueux...peace a toi farka...repose en paix...dribob

violette 25/04/2006 20:59

oui une musique qui nous fait du bien. cet hommage s'imposait...
...merci

Miss-Cini 20/03/2006 21:39

Bel hommage et merci pour la biographie.

Tof 18/03/2006 18:07

Bel hommage djiko !
Le plus bel hommage est de perpétuer cet amour des notes et du rythmes que Ali Farka Touré, comme beaucoup de Grands, nous a presque imposé par sa magie et son incspiration...
Big Up !