Mieux vaut prévenir...

Publié le par Tof

Le couple Sarkosy – de Villepin s’entend très bien pour nous fabriquer au choix (ou les trois à la fois selon vos références culturelles nonobstant d’autres références hélas connues) "Le meilleur des mondes", "1984" ou "Brasil".

 Non seulement nous sommes déjà tous fichés et donc très faciles à surveiller par bien des services qui n’ont qu’un lointain rapport avec la chasse aux terroristes et aux gangsters, et ce, du berceau au cercueil. Mais en plus, pour nos enfants et petits-enfants présents ou à venir, ils vont être fichés délinquants pour avoir "volé" leur première totote ou le seau à sable du bac de la crèche ou le camion rouge du copain chez la nounou…

 Comme dans le petit livre "Matin brun", on mesure mal encore tout ce que ce projet de loi introduit comme levier puissant dans la réduction sans fin des libertés acquises et qu’il faut sans cesse défendre. Peu avant sa mort (1987), Primo Lévi appelait encore à la vigilance en rappelant que les civilisations avancées et démocratiques sont fragiles et que même sous couvert de la légalité, elles retombent très facilement dans la barbarie d’Etat. La Yougoslavie des années 90 ou les USA d’après le 11/09/2001 confirment son avertissement. Encore plus récemment le recours de notre Premier Ministre et son acolyte du ministère de l’Intérieur au couvre-feu face à la flambée des banlieues fin 2005 a suscité peu de réactions citoyennes, des médias et des politiques de l’opposition.

 Couvre-feu puis contrôles arbitraires pour tous et chacun puis état d’exception à la moindre occasion islamiste ou pas…

 Comme aux USA on nous fabrique de la peur pour mieux nous faire avaler / avaliser les atteintes aux libertés fondamentales que nos pères ont défendues ou instaurées.

 C’est pourquoi je vous incite à lire le message ci-dessous et à aller sur le site Internet sur lequel on vous invite à pétitionner contre ce projet aussi fumeux que dangereux.

 Notez que des chercheurs de l’INSERM montent au créneau (par exemple à France-Inter) d’une part pour dénoncer la récupération politique d’une étude et la manipulation de l’opinion et d’autre part, pour critiquer la méthodologie et la validité de cette étude que brandit M. Sarkosy.

 Si pour des besoins "sécuritaires" l’INSERM a été détourné de sa mission de base pour exécuter des enquêtes d’intérêt douteux c’est aussi sa crédibilité qui est entamée. Grave !

 Bonne lecture et préparez votre stylo à parapher.

 

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d’opposition inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l’abord du développement singulier de l’être humain est nié et la pensée soignante robotisée.

Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d’une palette thérapeutique la plus variée.

Pour autant, tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d’instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d’ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l’enfance, de l’éducation, etc. :

- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.

- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.

- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.

- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.

Jean-Louis Mathieu

Contact : contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

 

Contact pour signer la pétition :

 http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org

Publié dans Divers

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Miss-Cini 17/03/2006 00:14

Merci Jean louis pour cet article pertinent.En effet il faut que les gens réalisent que l'humain va trop loin dans la protection de sa bulle et que le flicage n'évitera pas les débordements. Au contraire, il les génère !!!Je voudrais faire résonner le son de ma colère comme un tam tam. C'est pourquoi je me permets de te citer dans mon blog et remercie Tof d'avoir eu cette idée avant moi.bless

jean 15/03/2006 16:15

Je suis outré et surtout appeuré après avoir lu cet article . J'ai comme l'impression que les sombres heuresde l'histoire contemporaine se repète ,il flotte comme une air de 39/45 , on dirait un projet nazi . Qu'elle est le prochain projet mettre des barbelets autours des "cités" et les transformer en ghetto à la Varsovie .Allons nous perdre toutes les libertés individuelles pour lesqu'elles trop de gens se sont battus et  ont , parfois , payé de leur  propre vietout ceci devient vraiment inquiétant ,il faut nous en occuper avant d'être dépasser... sinon nous n'aurons aucunes excuses !!